projet de Marisol Touraine

« Non » au projet de Marisol Touraine : Un médecin libéral en grève

Le cabinet du docteur Blondel à Cambrin ne sera pas ouvert ce jour ! Il stipule qu’il est en ‘grève’ afin de contrer le projet de santé proposé par Marisol Touraine.

Lorsque le docteur Jean-Michel Blondel veut qu’on l’écoute, il n’hésite pas à sortir les gros mots. Aujourd’hui, son cabinet n’est pas ouvert pour contrer un projet de loi sur la santé et la catégorie tiers payant.

Le médecin ne souhaite pas que la médecine générale soit étatisée. D’après lui, il pratique déjà le tiers payant avec ceux qui sont couverts par une assurance maladie universelle, ceux qui le sollicitent ou ceux qui souffrent d’une maladie longue durée.

Âgé de 58 ans, sa pratique se tourne vers ‘l’humain’. Il explique que le tiers payant augmente le temps administratif, mais diminue le temps consacré aux patients. Avec ce projet de loi, le médecin craint principalement une déresponsabilisation des patients.

35 heures de sommeil

Le docteur Blondel s’interroge sur les 35 heures de sommeil. Selon ses analyses, cette situation dissimule une problématique importante : la ‘désertification médicale’. Il observe que la plupart de ses confrères choisissent la division de leur plaque. Aussi, les jeunes praticiens n’envisagent plus de se mettre en tant que libéraux.

En 10 ans, 5 médecins sont partis en retraite à Béthune-Beuvry, mais il n’y a eu aucun remplacement jusqu’à présent. La cause la plus simple est notamment les charges du cabinet qui augmentent sans cesse : loyer, assurances, etc. Le médecin pense alors que la solution est d’accroitre les tarifs conventionnés. Mais selon lui, les patients s’opposent à une augmentation de 2 euros pour chaque consultation. Le docteur Blondel affirme qu’il n’aimerait pas exiger ces 2 euros à ses patients, mais plutôt aux députés.

Il attend désormais une prise de décision politique. Il espère que la loi proposée par Marisol Touraine sera abandonnée parce qu’elle permettrait aux mutuelles de décider à la place des médecins et patients. Le praticien avertit que si ce projet de loi venait à être adopté, il choisira de partir en retraite, même s’il peut encore exercer pendant 10 ans.