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France : Les médecins désertent certains territoires

Commune rurale, sous-préfecture… les Atlas régionaux concernant la démographie médicale indiquent qu’il y a 192 déserts médicaux en France métropolitaine. 2.5 millions de personnes n’ont pas accès aux soins.

Pour arriver à ces chiffres, le CNOM s’est cette fois basé sur les 2 378 bassins de vie. Dans ces aires urbaines, l’ordre a calculé la densité des médecins et estimé l’évolution de leur nombre depuis 2007. D’après les résultats, il y aurait 43 zones en région Centre, 22 à Poitou-Charentes et 18 en Haute-Normandie. Pour leur part, la Corse, la Champagne-Ardenne, l’Île-de-France et l’Auvergne ne disposent pas d’une importante zone en manque de praticiens.

 

Des médecins sans successeurs

Le seul point commun pour les 192 territoires, c’est la difficulté à trouver des successeurs. Sur les Côtes-d’Armor par exemple, les 24 bassins de vie en manque total de médecins ont perdu plus de 30% de leurs généralistes. Aussi, 30% des praticiens restants ont plus de 60 ans.

La raison de cette absence de successeurs est qu’il n’y a pas d’opportunités favorables pour les nouveaux praticiens. Ceux-ci veulent conserver leur ancienne qualité de vie ou n’arrive pas à trouver un travail pour leur conjoint dans le lieu d’implantation.

En région Centre, plusieurs initiatives sont lancées afin d’inciter l’installation de jeunes médecins. Certains maires invitent par exemple des médecins roumains à pratiquer dans leur région. Mais beaucoup n’arrivent pas à s’implanter plus d’une année. Une autre solution : la création de maisons médicales pluridisciplinaires. Avec plus de 50 établissements ouverts en région Centre, ces dernières permettent aux praticiens d’exercer sereinement. Selon le ministère de la Santé, 800 maisons de ce genre devraient être créées avant la fin de l’année 2015 dans toute la France et 1 000 jusqu’en 2017.

 

Augmenter volontairement le numerus clausus

Le phénomène touche également les zones périurbaines qui sont parfois très attractives. Jusqu’en 2020, on estime que 150 000 habitants au sein de l’agglomération de Toulouse pourraient ne plus disposer de médecins traitants. Dans certaines villes, le prix de l’immobilier peut décourager l’installation des praticiens.

Le 26 novembre, la ministre de la Santé doit avancer les dispositions de son ‘pacte territorial santé II’ ainsi que l’augmentation volontaire et ciblée du numerus clausus pour 131 places au sein de 10 régions sans médecins. Elle prévoit aussi de simplifier l’installation de 1 000 médecins généralistes et spécialistes d’ici 2017.