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Une dépendante des jeux d’argent porte plainte contre son médecin

Un neurologue aurait prescrit une surdose de Sifrol à une femme touchée du SJSR (Syndrome des jambes sans repos). D’après celle-ci, cela aurait causé une dépendance aux jeux d’argent en elle.

Cela fait 2 ans que Brigitte attend que le procès contre son ancien neurologue se fasse. En 2013, elle a demandé à son avocat, Maitre Jégu, de poursuivre ce dernier en justice. La raison est une prescription de surdose de Sifrol. Selon Brigide, cette ordonnance lui aurait rendu dépendante des jeux d’argent, ce qui l’a ruiné. Actuellement, elle demande un dédommagement financier.

Parfois, les praticiens peuvent suggérer l’augmentation de la dose d’un médicament. Mais selon Maitre Jégu, le neurologue n’aurait pas fourni toutes les informations relatives au médicament. Il ajoute que si Mme Brigitte connaissait les effets de celui-ci, elle n’aurait pas porté l’affaire devant la justice.

184 000 euros de dettes contractées

Souffrant d’une affection neurologique qui l’oblige à bouger constamment ses jambes, Brigitte a commencé un traitement au Sifrol depuis avril 2008. Les symptômes ressurgissent un an après, et elle reconsulte son neurologue qui augmente la dose quotidienne à 0.70 mg (la dose maximale est 0.54 mg). Elle est ensuite envahie par une envie irrésistible de jouer. Pour apaiser ses pulsions, elle utilise secrètement l’argent de sa famille et de son employeur. Elle s’endette en tout de 184 000 euros.

En 2011, elle essaye de se suicider. Son médecin de famille lui communique des conséquences négatives du Sifrol à savoir les troubles comportementaux (envie excessive de jouer). Le neurologue arrête immédiatement la prise de Sifrol et l’addition disparait aussitôt, la laissant sans sous.

Problème de communication

D’après Marie Vidaihet, neurologue à Pitié-Salpêtrière, l’issue de cette affaire est incertaine. Le praticien peut accroitre les doses maximales lorsqu’il implique sa responsabilité, quand il consulte les opinions de spécialistes ou s’il se fonde sur des décrets scientifiques. Lors de ce procès, plusieurs experts devront analyser minutieusement la situation. Seront notamment pris en compte l’argument du neurologue et les comportements de Mme Brigitte avant son traitement. Les experts devront aussi considérer le contexte temporel, car en 2009, il n’y eut pas de beaucoup de publications sur les conséquences négatives du Sifrol qu’aujourd’hui. Mais ce qui est difficile à traiter est la relation entre médecin et patient : qu’est-ce qui a causé le manque de communication durant toutes ses années ?